Extrait des « 1001 nuits »
Un vieil homme riche, père de 3 garçons, décède. Il laisse à ses enfants une caisse pleine de pièces d’or.
Un jour, la caisse a disparu. Les trois fils pensent que c’est l’un des 3 qui l’a volée et une dispute fratricide éclate.
Pour les départager, ils s’adressent au Kadi (Juge) du lieu. Le Kadi les écoute attentivement et leur dit : je vais vous raconter une histoire. Ensuite nous en discuterons.
Une jeune, très jolie et très riche fille va se marier.
Le soir après la noce elle est dans la chambre à coucher encore habillée très richement avec tous ses bijoux et elle pleure toutes les larmes de son corps.
Le mari l’a voit pleurer et lui demande quelle est la raison de ce gros chagrin.
La fille lui dit : je dois t’avouer une chose très grave. Je ne sais pas comment tu vas l’a prendre. Voilà, en réalité j’aime un autre garçon et mes parents m’ont forcé à me marier avec toi !
Le mari, l’écoute et lui dit : ma chérie, moi je t’aime plus que tout au monde et je vais faire pour toi un geste dont les générations à venir s’en souviendront !
Voilà, je t’autorise ce soir à partir rejoindre l’amour de ton cœur et passe ta nuit de noce avec lui. Je ne t’en tiendrais aucunement rigueur !
La fille est très étonnée de cette magnanimité de son mari et part rejoindre son amoureux.
Elle évite la grande rue et passe à travers les champs et les clôtures des jardins pour rejoindre son amoureux.
Elle toque chez son amoureux et celui-ci lui ouvre la porte très étonné de la voir ainsi parée devant lui, sa nuit de noce !
Il lui demande pourquoi elle n’est pas près de son mari et elle lui raconte toute la magnanimité de son mari.
Le garçon l’écoute en silence et tout ébloui par tant de grandeur d’âme de la part du mari lui dit : ma chère, je ne veux pas être en reste de ton mari. Je ne vais pas te toucher et tu peux retourner en paix auprès de ton mari. On ne dira pas que j’ai failli à ma tâche !
La paix dans l’âme, elle retourne à travers les jardins chez son mari.
Un voleur était tapi dans l’ombre dans l’un des jardins. Il l’accoste et comme elle est richement parée de tous ses bijoux il se dit qu’il va la détrousser et enfin sera riche. Toutes fois, il a la curiosité de demander à la fille que fait elle en pleine nuit ainsi parée et traverser les jardins.
La fille lui raconte l’histoire de son mari qui l’a autorisée à partir la nuit de noces pour la passer avec son amoureux et comme celui-ci, en entendant le geste qu’a fait le mari, ne veut pas âtre moins digne et lui demande de retourner pure chez son mari. Le voleur est ébloui par l’histoire que lui a raconté la fille et lui dit, moi non plus je ne veux pas être indigne et je te laisse partir sans te prendre le moindre bijou !
La fille retourna chez son mari et l’histoire fut notée par les scribes du khalife.
Le Kadi qui avait les trois garçons devant lui, demanda à chaque garçon, lequel des trois hommes était le plus digne de mérite, le mari qui laissé sa femme partir, l’amoureux qui ne l’a pas touchée ou le voleur qui lui a laissé tous ses bijoux !
Le frère ainé décidé que c’est le mari qui était le plus digne de mérite vu que lui, à sa place n’aurait pas laissé partir sa femme.
Le second frère décida que s’était l’amoureux qui était le plus digne de mérite puisque lui, à sa place aurait consommé le mariage.
Enfin le cadet des trois décida que s’était le voleur qui méritait le plus de respect puisque lui, à sa place aurait détroussé la fille.
Le Kadi, lui répondit : c’est toi le voleur puisqu’il n’y a qu’un voleur qui peut admirer un autre voleur.
Rends directement la casette avec les pièces d’or ou je te fais donner 50 coups de fouet !
Et le voleur rendit tout honteux la cassette à ses frères !